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Accepter ne veut pas dire tout tolérer : apprendre à poser ses limites

il y a 57 minutes
5 min de lecture

« Il faut accepter les autres comme ils sont. »

Dans le "monde du développement personnel", on entend souvent cette phrase,

Et sur le principe, oui.


Sauf qu’à force de vouloir accepter l’autre tel qu’il est, on peut parfois finir par accepter aussi ses comportements, ses paroles, ses réactions… même lorsqu’ils nous blessent ou dépassent nos limites.

Et là, ce n’est plus tout à fait la même chose !


Accepter quelqu’un ne signifie pas tout tolérer de lui.

La nuance paraît simple. Dans la vraie vie, elle l’est beaucoup moins.


Nous n’avons pas tous la même carte du monde

Il existe une idée souvent utilisée en PNL (programmation neurolinguistique) : « la carte n’est pas le territoire ».

Autrement dit, nous ne percevons jamais la réalité de manière totalement neutre.

Nous la regardons à travers notre propre « carte » : notre histoire, notre éducation, nos expériences, nos croyances, nos valeurs, nos peurs, nos besoins…


Et forcément, la carte de l’autre n’est pas exactement la nôtre, il a sa propre carte.


Une remarque que tu trouves blessante pourra sembler anodine à quelqu’un d’autre.

Une personne aura besoin de parler immédiatement après un conflit quand une autre aura besoin de silence.

Certaines accordent énormément d’importance aux mots, d’autres aux actes.

Certaines ont besoin de beaucoup de proximité, d’autres de davantage d’espace.


Cela ne signifie pas forcément que l’une a raison et que l’autre a tort.

Nous ne regardons simplement pas toujours la situation depuis le même endroit.

Comprendre cela peut déjà changer beaucoup de choses dans nos relations.


Accepter, c’est aussi laisser l’autre être différent

Accepter quelqu’un, ce n’est donc pas attendre qu’il pense, réagisse, ou fasse systématiquement les choix que nous aurions faits à sa place.

C’est reconnaître qu’il est tout simplement différent.

Avec ses qualités, ses contradictions, ses imperfections, ses maladresses et parfois ses erreurs.

On peut "ne pas comprendre" un choix et accepter que l’autre ait le droit de faire ce choix.

On peut "ne pas partager son opinion" sans chercher absolument à le convaincre qu'il a tort.

On peut reconnaître qu’une personne fonctionne différemment sans passer notre temps à vouloir le ou la changer.


Et franchement, ça enlève déjà pas mal de boulot. 😄


Mais accepter qui est l’autre ne veut pas dire accepter tout ce qu’il fait.

Et c’est là que les limites commencent.


Comprendre n’oblige pas à tolérer voir supporter !

C’est probablement l’une des distinctions les plus importantes.

Tu peux comprendre pourquoi quelqu’un réagit comme il le fait et malgré tout penser :

« Je comprends. Mais ça, pour moi, ce n’est pas OK. »


Les deux peuvent parfaitement coexister.


Tu peux comprendre la colère de quelqu’un sans accepter qu’il te parle agressivement.

Tu peux entendre ses difficultés sans devenir disponible à n’importe quelle heure.

Tu peux accepter son caractère sans accepter des remarques qui te blessent régulièrement.

Tu peux aimer quelqu’un sans dire oui à tout.

Je ne suis pas en train de dire que c'est simple et facile, c'est un véritable chemin vers l'amour de soi.


Comprendre l’autre permet parfois d’apaiser le jugement.

Poser une limite permet de ne pas s’oublier au passage.


Quand tolérer devient une habitude

Le problème, c’est que nos limites sont rarement franchies avec une énorme pancarte lumineuse indiquant : ATTENTION, LIMITE DÉPASSÉE.

C’est souvent beaucoup plus discret.


Ce n’est pas si grave.

Je sais comment il est.

Je ne vais pas faire une histoire pour ça.

Elle traverse une période difficile.

Bon, je laisse passer.


Et évidemment, tout ne mérite pas une confrontation.

Une relation implique aussi de la souplesse, des compromis et parfois de laisser couler certaines choses.


Mais lorsque nous faisons toujours le compromis dans le même sens, quelque chose mérite peut-être notre attention.


Surtout lorsque commencent à apparaître de l’agacement, de la fatigue, du ressentiment, l’envie d’éviter certaines situations ou cette sensation désagréable d’avoir encore dit oui alors qu’on pensait très fort non.


À force de tolérer pour préserver la relation, on peut finir par repousser progressivement ses propres limites.


Poser une limite ne signifie pas rejeter l’autre

C’est parfois ce qui rend l’exercice difficile.


Dire non peut donner l’impression d’être égoïste, ou déclencher de la culpabilité.

Exprimer un désaccord peut faire peur parce qu’on ne veut pas blesser.

Prendre ses distances peut être vécu comme un rejet.

Pourtant, poser une limite ne signifie pas nécessairement : « Tu dois changer. »


Cela peut simplement vouloir dire :

« Voilà ce qui est acceptable pour moi et ce qui ne l’est pas. »

Et surtout : « Voilà ce que je vais faire pour respecter cette limite. »


Parce qu’une limite n’a pas pour fonction de contrôler l’autre.


On ne peut pas décider de sa réaction, de ses paroles ou de ses choix.

On peut en revanche décider de ce que nous faisons lorsqu’une situation ne nous convient plus.

Parfois, ce sera dire quelque chose. Parfois, refuser. Parfois, interrompre une conversation.

Et parfois aussi, lorsque les limites sont régulièrement ignorées, s'autoriser à prendre de la distance.


Encore faut-il savoir où sont nos limites

Et là… ça se complique légèrement. 😄


Parce que nos limites ne sont pas toujours écrites noir sur blanc quelque part dans notre tête.

On les découvre souvent en les vivant, et parfois même après les avoir largement dépassées.


Quelques questions peuvent alors être intéressantes :


  • Qu’est-ce qui me dérange réellement ici ?

  • Est-ce une situation ponctuelle ou quelque chose qui se répète ?

  • Est-ce que j’accepte parce que cela me convient vraiment ou parce que j’ai peur de décevoir ?

  • Est-ce que je dis oui pour éviter un conflit ?

  • Après cette situation, est-ce que je me sens respectée… y compris par moi-même ?


Il ne s’agit pas de transformer chaque inconfort en frontière infranchissable.

Mais simplement d’apprendre à écouter ce qui se passe en nous au lieu de systématiquement le balayer.


Accepter l’autre… sans se perdre soi

Accepter, c’est pouvoir regarder l’autre et reconnaître :

« Tu as ta carte du monde. J’ai la mienne. Et elles ne seront jamais parfaitement identiques. »

Je peux respecter tes différences.

Je peux accepter tes imperfections.

Je peux essayer de comprendre ce qui se passe depuis ton point de vue.

Mais cela ne m’oblige pas à abandonner le mien.


Parce que le respect de l’autre ne devrait pas demander de mettre systématiquement de côté le respect de soi.

Alors peut-être que la question n’est pas seulement :

« Est-ce que j’accepte cette personne telle qu’elle est ? »

Mais aussi :

« Est-ce que je peux l’accepter telle qu’elle est sans m'abandonner ?


"Aimons l'autre assez pour l'accepter dans ce qu'il est, mais surtout aimons nous suffisamment pour ne pas tolérer l'intolérable"

 
 
 

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